L’homme dans la machine

27 mai 2009

Une video qui illustre une vision enchantée de la technologie, par le groupe de design Multitouch de Barcelone. Il s’agit d’une conception magique de la technologie, qui vise à humaniser un processus qui nous échappe, qui nous dépasse en terme de performance au point d’imaginer un homme réalisant les tâches dévolues à l’ordinateur.

Deux sentiments paradoxaux émergent à la vue d’une telle expérience. C’est rassurant de rendre humain des processus difficilement imaginables par le cerveau (un processeur, des impulsions électrique, des 1 et des 0…) Mais c’est également effrayant d’imaginer que ce que l’ordinateur fait, l’homme ne peut pas le faire aussi bien. Nous sommes prisonniers de la technique.

Cette  vidéo aux accents esthétiques très doux, n’est pas sans rappeler les expérimentations choquantes de l’artiste australien Stelarc qui depuis plus de 30 ans, exprime dans ces performances une certaine soumission de l’homme face à la technologie. Dans ce monde où nous sommes tous contraints de s’adapter à la vitesse du progrès technologique, notre survie dépend de notre capacité à se fondre dans la technologie. En effet, cette vidéo fait aussi penser à un post humain qui aurait échoué dans sa fusion avec les machines.

Une image forte à l’heure où la convergence bio, nano et micro technologie progresse rapidement.


Planning new school

27 février 2009

Juillet 2008. JWT invite quelques consultants de renoms pour débattre de l’avenir du planning stratégique à l’occasion des 40 ans de la méthode (créée par jwt). Une conférence largement commentée sur les blogs anglo saxon qui a fait des petites vagues notamment parce qu’on pouvait y entendre ce genre de phrases :

« planning is not about looking cool and hanging out with the creatives »

« planning is not about creativity, it’s about grounded creativity »

Les gourous du planning ont décidé de remettre la fonction dans le droit chemin, et de la faire coller au plus près des enjeux des annonceurs. Quelques interventions de ce meeting sont assez marquantes à ce sujet. Notamment, celle de Jon Steel (vidéo et texte) qui brocarde gentiment les planneurs en regrettant qu’ils passent plus de temps à surfer et bloguer qu’à servir les réels intérêts de leurs clients (ce qui n’est pas sans rappeler une certaine vision floue du job ).

Pour faire court, Jon Steel resitue le travail du planner en insistant sur 3 points (traduit et inspiré de ce billet) :

  1. Aider les clients à fixer les bons objectifs et pas seulement en terme de communication mais pour la marque et les produits et plus globalement le business
  2. Trouver les bons problèmes à résoudre au lieu de répondre simplement à ce que demande le client
  3. Trouver de nouvelles opportunités à exploiter pour les clients et faire croitre leurs affaires

Ce qu’on retient c’est que les planneurs doivent encore plus lorgner du côté de l’innovation et plus précisément sur l’anticipation des usages et se détacher du champ restreint de la communication pure. Soit on stagne et on recycle de la valeur déjà usée, soit on génère de nouvelles façons d’appréhender les choses, et donc de nouvelles opportunités de business. Stagnation vs generativity, c’est le point soulevé par John Grant lors cette même conférence. (vidéo et texte).

Si le métier conserve ses constantes, la conférence rappelle une vision ambitieuse du planning qui doit avant tout ouvrir des portes vers des voies inconnues. Bon, vous allez sans doute vous dire « Encore un de ces billets où l’on parle plus de ce que devrait être le planning sans en faire pour autant ». Mais comme le dit Jon Steel

« The fundamentals of planning, (…) may sometimes not be very interesting. But we ignore them at our peril. »

Tremblez lecteurs.


Ma musique sur un teaser pour slashcommunity : suite et fin

11 février 2009

Suite de la petite affaire liée à l’utilisation de ma musique pour ce teaser. Slashcommunity a choisi d’acheter la licence via Jamendo ce qui leur donne un droit d’utilisation sur une durée limitée.

Au final, tout le monde s’y retrouve dans cette histoire. Slashcommunity bénéficie d’une bande son originale à prix accessible, Jamendo fait valoir son offre professionnelle et moi même, je suis reconnu et non pillé.

Espérons pour les musiciens qui choisissent les licences Creatives Commons que les occasions de ce type vont se développer dans les mois à venir.


Schweppes : histoire de marque sans paroles

5 février 2009

Un court métrage de 12 min pour Schweppes issu du festival de court métrage lancé par la marque.

Une belle histoire d’amour, une réalisation émouvante, des acteurs touchants… Ou comment faire vibrer la corde sensible de l’audience et suggérer une relation de marque poétique et émotionnelle.


Pourquoi le Stop Motion envahit la pub ?

3 février 2009

Vous connaissez cette technique à mi chemin entre bricolage et dessin animé assez simple à mettre en œuvre si on est patient ?

Outre l’esthétique magique, décalée et un peu rétro à l’heure du tout fluide dans les films d’animation, le stop motion véhicule des valeurs fortes. Ré enchantement du monde, univers de l’enfance, créativité, valorisation du travail minutieux, apologie de l’essai erreur, de la passion, empathie avec les créateurs persévérants… Le stop motion cumule les tendances artistiques et sociales en phase avec l’air du temps. A contre sens du progrès technologique en matière d’animation, à l’opposé de l’industrialisation des activités humaines, l’animation en volume est un ilôt de bidouillage dans un océan de production automatisée, un grain de sable dans un mécanique bien huilée, plus proche du DIY que de la production de masse. Des valeurs rafraichissantes et fédératrices pour des entreprises mastodontes sans scrupules qui ne font pas dans le détail. Pas étonnant que les agences et les annonceurs s’en emparent.

Electrabel (fusion GDF Suez)

Carphone Warehouse

Google chrome

Quoiqu’il en soit, la créativité sera toujours du côté des foules comme le montre ce film qui a probablement inspiré la production Electrabel ci dessus.

Et pour finir ce film génial par le grapheur italien Blu.


Le crowdsourcing dans l’agro-alimentaire

31 janvier 2009

Si il y a bien un secteur dans lequel les apports du crowdsourcing sont évidents, c’est celui de l’agro alimentaire. Les exemples se multiplient autour de la planète. Notamment au Japon où la participation des consommateurs dans la création de nouvelles recettes, de packagings et de publicités semble être la dernière tendance. C’est ce que rapporte psfk. Dans le secteur des soft drink la marque Calpis demande l’avis de ses consommateurs pour créer des saveurs nouvelles pour ses boissons fruitées, mais également des slogans. Toujours au Japon, la marque Acecook ciblent les geeks scotchés devant leurs écrans et donc gros consommateurs de instant noodles soup, pour créer leurs prochaines recettes. Le concours qui s’est terminé fin novembre 2008, a donné lieu à une campagne événementielle à Osaka pour célébrer la sortie de 4 nouvelles recettes avec les membres de la communauté.

Cette tendance n’est pas nouvelle. En 2000 au États Unis, la petite marque Jones Soda, offre à ses clients la possibilité de proposer des nouvelles idées de saveurs et de packaging pour ses boissons, histoire de créer une proximité entre les clients et la marque. Près de 700 000 propositions plus tard, Jones Soda devient une référence dont l’image de marque repose sur la participation des clients dans la création des produits.

Une stratégie participative qui séduit désormais les géants de l’agro alimentaire, à l’image de Pepsi qui a lancé en 2007 un concours de design pour leurs cannettes. Au Royaume Uni, c’est Walkers, leader sur le marché des chips qui propose aux internautes d’envoyer leurs idées de saveurs accompagnées d’un nom et d’une image. A noter qu’il s’agit de la plus importante campagne de communication pour Walkers depuis 60 ans.

Et en France ? je n’ai pas trouvé d’exemples similaires, mis à part Liebig qui a proposé en 2005 un concours de recette mais je ne crois pas qu’il était relayé par un site web.

Quelques exemples qui montrent que les stratégies de crowdsourcing vont se multiplier dans les mois à venir. Et ça ne concerne pas uniquement de nouvelles saveurs ou de nouveaux produits mais également l’image du produit inventé. Ces pratiques sont effectivement un excellent moyen pour les marques de laisser les consommateurs créer un univers pour leurs produits, et de s’en inspirer en étudiant attentivement le contexte généré par les utilisateurs.


Crowdsourcing : de la passion à l’exploitation ?

29 janvier 2009

Depuis quelques mois, on parle beaucoup (trop) de crowdsourcing et de ses dérives. A juste titre. Le problème c’est qu’on mélange un peu tout. S’installe alors un sentiment vague, où tout ce qui touche de près ou de loin à la participation en ligne s’apparente à du crowdsourcing. Entre les business modèles pervers (?), et les plateformes de recueil d’idées pour améliorer le quotidien des utilisateurs, une quantité d’initiatives plus ou moins efficaces et aux objectifs plus ou moins clairs voient le jour avec leurs lots de critiques plus ou moins fondées.
Pourtant, il n’y a rien de neuf : je me rappelle il y a longtemps des boites à idées dans les supermarchés et, il y a moins longtemps, des focus groups que j’ai animés. C’est seulement les nouveaux moyens d’expression des consommateurs qui ont largement répandu ce type de pratiques.

Ce qui est certain, c’est que la tendance actuelle s’éloigne des visions positives, pro-am, innovation ascendante, democratizing innovation, qui ont amorcées la tendance du crowdsourcing. Ce qui est également certain c’est que le crowdsourcing comporte des risques (paragraphe « les risques du crowdsourcing »). Et, ce qui est finalement certain, c’est que ces signes paradoxaux montrent que ce sujet chaud, n’en ai qu’à ces débuts et que que la co-élaboration d’un produit, d’un service, d’une idée et/ou d’une œuvre d’art est un mouvement de fond qui impliquera la majorité des activités de création dans les prochaines années.


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.