Le crowdsourcing dans l’agro-alimentaire

31 janvier 2009

Si il y a bien un secteur dans lequel les apports du crowdsourcing sont évidents, c’est celui de l’agro alimentaire. Les exemples se multiplient autour de la planète. Notamment au Japon où la participation des consommateurs dans la création de nouvelles recettes, de packagings et de publicités semble être la dernière tendance. C’est ce que rapporte psfk. Dans le secteur des soft drink la marque Calpis demande l’avis de ses consommateurs pour créer des saveurs nouvelles pour ses boissons fruitées, mais également des slogans. Toujours au Japon, la marque Acecook ciblent les geeks scotchés devant leurs écrans et donc gros consommateurs de instant noodles soup, pour créer leurs prochaines recettes. Le concours qui s’est terminé fin novembre 2008, a donné lieu à une campagne événementielle à Osaka pour célébrer la sortie de 4 nouvelles recettes avec les membres de la communauté.

Cette tendance n’est pas nouvelle. En 2000 au États Unis, la petite marque Jones Soda, offre à ses clients la possibilité de proposer des nouvelles idées de saveurs et de packaging pour ses boissons, histoire de créer une proximité entre les clients et la marque. Près de 700 000 propositions plus tard, Jones Soda devient une référence dont l’image de marque repose sur la participation des clients dans la création des produits.

Une stratégie participative qui séduit désormais les géants de l’agro alimentaire, à l’image de Pepsi qui a lancé en 2007 un concours de design pour leurs cannettes. Au Royaume Uni, c’est Walkers, leader sur le marché des chips qui propose aux internautes d’envoyer leurs idées de saveurs accompagnées d’un nom et d’une image. A noter qu’il s’agit de la plus importante campagne de communication pour Walkers depuis 60 ans.

Et en France ? je n’ai pas trouvé d’exemples similaires, mis à part Liebig qui a proposé en 2005 un concours de recette mais je ne crois pas qu’il était relayé par un site web.

Quelques exemples qui montrent que les stratégies de crowdsourcing vont se multiplier dans les mois à venir. Et ça ne concerne pas uniquement de nouvelles saveurs ou de nouveaux produits mais également l’image du produit inventé. Ces pratiques sont effectivement un excellent moyen pour les marques de laisser les consommateurs créer un univers pour leurs produits, et de s’en inspirer en étudiant attentivement le contexte généré par les utilisateurs.


Crowdsourcing : de la passion à l’exploitation ?

29 janvier 2009

Depuis quelques mois, on parle beaucoup (trop) de crowdsourcing et de ses dérives. A juste titre. Le problème c’est qu’on mélange un peu tout. S’installe alors un sentiment vague, où tout ce qui touche de près ou de loin à la participation en ligne s’apparente à du crowdsourcing. Entre les business modèles pervers (?), et les plateformes de recueil d’idées pour améliorer le quotidien des utilisateurs, une quantité d’initiatives plus ou moins efficaces et aux objectifs plus ou moins clairs voient le jour avec leurs lots de critiques plus ou moins fondées.
Pourtant, il n’y a rien de neuf : je me rappelle il y a longtemps des boites à idées dans les supermarchés et, il y a moins longtemps, des focus groups que j’ai animés. C’est seulement les nouveaux moyens d’expression des consommateurs qui ont largement répandu ce type de pratiques.

Ce qui est certain, c’est que la tendance actuelle s’éloigne des visions positives, pro-am, innovation ascendante, democratizing innovation, qui ont amorcées la tendance du crowdsourcing. Ce qui est également certain c’est que le crowdsourcing comporte des risques (paragraphe « les risques du crowdsourcing »). Et, ce qui est finalement certain, c’est que ces signes paradoxaux montrent que ce sujet chaud, n’en ai qu’à ces débuts et que que la co-élaboration d’un produit, d’un service, d’une idée et/ou d’une œuvre d’art est un mouvement de fond qui impliquera la majorité des activités de création dans les prochaines années.


Coincidence : ma musique sur un teaser pour slashcommunity

23 janvier 2009

Voici un joli teaser pour une entreprise de community management basée à San Francisco . Pour l’instant le service proposé est vague, mais c’est très alléchant et en plus c’est bien réalisé par l’agence de communication aaz.

Il y a deux raisons pour lesquelles je poste ce teaser. La première c’est que admorenoise s’intéresse entre autres, au management de communautés en ligne. La deuxième, c’est que la bande son du teaser, c’est moi qui l’ai fait ! En effet j’ai choisi il y a quelques années de partager la majorité de mes bidouilles sonores sur Jamendo , sous licence Creative Commons.

Le hic, c’est que la jeune entreprise slashcommunity n’a pas pleinement respecté les clauses de la licence en utilisant ce titre pour faire une vidéo dans un but commercial. Le mieux c’est de demander l’autorisation à l’artiste, avant de réaliser la vidéo afin de faire ça dans les règles et de trouver une solution avantageuse pour tout le monde, parmi les nouveaux contrats que proposent Jamendopour rémunérer et faire connaître les nombreux talents que le site héberge. C’est de cette façon qu’on trouvera un autre business modèle pour les musiciens et que les auditeurs ne se contentent plus uniquement de la soupe des majors.

Bon, en même temps, je dois reconnaitre que slashcommunity représenté par Romain Pechard (Ancien de fullsix, auteur sur ReadWriteWeb France, et qui fait parti de feedback 2.0, entre autre…)a fait preuve de transparence en me prévenant qu’ils utilisaient ma musique. Je suis certain qu’on trouvera un arrangement, entre slashcommunity, Jamendo, et moi même.

Affaire à suivre…


Un clip pour illustrer le changement de paradigme à l’œuvre dans le marketing

18 janvier 2009

Voici une video de l’agence allemande de marketing Scholz and Friends trouvée sur le fameux blog web-strategist qui symbolise le changement de paradigme engagé dans le marketing. Rien de nouveau en fait, si ce n’est que l’animation est très bien faite et contribue, en ces temps difficiles, à renforcer la prise de conscience des marques.

La forme ludique du clip permet d’aborder beaucoup de thèmes en peu de temps. Le résultat : un message efficace et riche.

Avant…

• Peu d’offreurs
• Un système basé sur la confiance dans les annonceurs et le désir de consommer
• Un bouche à oreille naturel
• Généré par les medias de masse classiques (TV, radio, affichage, presse…)
• Des consommateurs dociles qui attendent gentiment l’heure du prime time

Une rupture…

• Web, Mobilité, Convergence, montée de l’individualisme
• Les consommateurs se sentent agressés par les messages publicitaires
• Une multitude d’offreurs
• Complexification du processus de choix de produits et de services
• Une consommation qui repose sur un haut niveau d’interactions entre consommateurs
• Rejet des messages publicitaires
• Augmentation du scepticisme face aux marques

Et une question adressée aux marques…

• Avez-vous quelque chose d’intéressant à dire ?


Quelles évolutions du web social pour les années à venir ?

14 janvier 2009

Je suis tombé sur cette présentation de l’institut Forrester sur le blog d’Emmanuel Vivier. C’est le résultat d’une table ronde organisée en Octobre 2008 réunissant des spécialistes du Web 2.0 et des industriels.

Au final rien de neuf : communautés, crowdsourcing et travail collaboratif… Si les moyens techniques existent pour relever les défis, les processus de gestion et l’organisation globale des entreprises bloquent le développement des technologies Web 2.0. Le seul frein à ce développement est culturel. Contre ça, la présentation insiste sur la nécessité de considérer le web social comme une ligne de conduite globale pour toutes les activités de l’entreprise ce qui a des incidences fortes sur la nature du travail en entreprise et qui fait se confondre collaborateurs et consommateurs. Voici les enseignements agrémentés de quelques liens que je retire du document.

Enseignement n° 1 : Les communautés vont participer à tous les aspects de la stratégie marketing, de l’innovation produit et du service après vente. La production croisées d’idées relativement évidente dans le domaine de l’informatique (Dell) se développe dans des secteurs à priori moins ouverts au crowdsourcing (Starbucks, Kraft Foods).

Enseignement n°2 : Les marques doivent participer à toutes les communautés qui les concernent et pas seulement les communautés de marques qu’elles ont créées. Les marques qui s’obstinent à créer des communautés ex nihilo s’exposent à des échecs en matière d’audience (Danone). A contrario, les marques qui investissent de façon transparente des communautés existantes, des clubs, en s’appuyant sur les membres centraux, et en leur proposant un cadre communautaire attractif, produisent des liens sociaux fort et des dialogues riches (Nutella).

Enseignement n°3 : La nature du travail évolue à mesure que les employés collaborent au delà de leurs collègues pour atteindre leurs objectifs. La réorientation de l’organisation globale des entreprises autour de la valeur créée par les interactions dans les communautés est une pratique qui va se diffuser au fur et à mesure des années.

Enseignement n°4 : La notion de consommateur et collaborateur dividu n’est pas encore intégré et exploité dans les entreprises. Pourtant un contrôle d’identité à multiples facettes permet aux utilisateurs de contrôler leur expérience du Web et les moyens techniques pour le gérer existent. Jusqu’à présent les marques ne s’intéressent pas suffisamment à cet aspect nouveau de la vie en ligne ce qui freinent les innovations de type OpenID.


2009 : remise en question

12 janvier 2009

L’optimisme qui caractérise les acteurs du web, pourvoyeurs de médias sociaux et autres marketers du web 2 et des nouveaux médias de la conversation serait il en train décroitre ? Si le positivisme est encore de mise parmi les professionnels du secteur , on s’attend à une (voire deux) année(s) difficile(s). Qu’en est-il d’un business dont le moteur repose essentiellement sur la passion, la confiance et l’optimisme, qui promet depuis 4 ans l’avènement d’un monde nouveau, où le pouvoir est revient aux consommateurs, mais qui peine à émerger ?

Sérieusement secoué par la crise, les professionnels américains du marketing sont blasés d’entendre les spécialistes du secteur utiliser la terminologie Web 2.0 pour prédire the next big thing. Un changement de goût pour les argumentaires ce n’est pas nouveau… Pourtant, il semblerait bien que quelque chose change.

A la surenchère sur les résultats des dispositifs interactifs, succède une analyse lucide et assagie, presque froide : on détruit en 10 points le mythe du Web 2.0, on modère les prédictions pour les années à venir, on remet en cause une vision du business, on se méfie des idéologies … En réalité, il s’agit plus d’un changement de point de vue plus que d’une baisse d’intérêt pour les plateformes numériques. On revient aux fondamentaux.

Je m’explique. Cet excellent article détaille la différence de sens entre innovation et transformation. Par exemple on compare régulièrement l’impact des nouveaux médias par rapport aux médias dit traditionnels. Or la transformation est beaucoup plus radicale, puisque elle concerne la création de quelque chose qui n’est pas. Nous sommes effectivement dans une période qui nécessite plus une transformation du système plus qu’une innovation sur un système déjà existant. Utopique ? Nouvelle lubie des gourous ? Probablement. Pourtant, c’est une attitude salutaire à adopter pour enrayer l’innovation pour l’innovation, celle qui est censé prédire ce qui est imprévisible, bref, pour en finir avec l’attitude qui consiste à innover pour remplacer une innovation. En tout cas, une pensée à décrypter et à suivre pour les années à venir.
J’oubliais : très bonne année à vous.


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