Des application de life streaming par dizaine, des inconnus qui les utilisent pour devenir stars, des pratiques qui supplantent la suprématie blogs jusqu’à les remplacer, des probables nouvelles voies de communication pour les marques, une nouvelle façon d’appréhender la nature de la conversation online …
Le micro blogging et plus globalement la mouvance du life streaming symbolise typiquement la tendance dont on sent le potentiel révolutionnaire, car relayée et commentée par les spécialistes, élue par les early adopters et parce que, et ce n’est pas rien, elle relègue le mouvement des blogs au second plan.
Reste que, ces technologies émergentes et ces pratiques encore larvées, en sont au stade de la formation des usages. D’un côté les équipements techniques offerts proposent un éventail de fonctionnalités, de l’autre les internautes tentent de les exploiter en les adaptant à leurs pratiques communicationnelles de référence… Il y a dans ces faits, deux mouvements qui s’imbriquent ayant pour finalité une redéfinition permanente des usages. Tentons malgré tout d’avancer un éclairage pour ce phénomène.
Au-delà des aspects purement pratiques qui font converger les fragments digitaux des internautes (facebook, flickr, twitter…) sur une même page, le life streaming ajoute une dimension nouvelle à la conversation interactive. Là où les blogs ne parvenaient pas à faire émerger de la masse les commentaires les plus pertinents, créant ainsi du bruit, le life streaming apporte une précision et un cadre nouveau à l’interactivité en s’appuyant sur l’immédiateté et la concision du message et en développant du même coup la spontanéité qui fait le succès des blogs. La qualité de l’information parfois vacillante sur les blogs est orientée par sa forme de diffusion et gagne en cohérence et en sens dans les pratiques de life streaming.
Apparemment très hédoniste, le life streaming qu’on appelle aussi life casting, enrichit paradoxalement, les interactions entre utilisateurs. Il y a au minimum deux acteurs présents dans ces interactions. L’émetteur qui diffuse des éléments épars de sa vie et le récepteur qui construit le sens global de son point de vue, en regroupant les mini messages. On pourrait croire que le life streaming redonne une forme de pouvoir à l’émetteur du message. En effet il s’agit bien de l’enregistrement d’une activité du point de vue de la personne qui la vit. Pourtant le fait que le sens se construise au moment de la réception de plusieurs mini messages donne une faculté de jugement du récepteur plus marquée et plus neutre que sur un blog où un certain axe éditorial s’impose et donne régulièrement lieu à débat. Dans le life streaming le fil rouge n’est pas explicite, il est cet élément abstrait qu’il faut imaginer. Ce qui offre à l’interactivité une dimension créative beaucoup plus marquée.
Finalement, un des facteurs de succès du life streaming est qu’il s’appuie sur des outils dont les fonctionnalités sont suffisamment ouvertes et malléables et dont la finalité est relativement équivoques pour susciter des pratiques de détournement chez les utilisateurs, et donc faire émerger de nouveaux usages en prise avec le social.
En dehors des ressorts sur lesquels il s’appuie, le life streaming est à interpréter globalement comme un le courant de l’activité digitale d’une identité : un canal de rayonnement de la réputation. Et si ces outils sont naturellement légitimes pour les médias la nouvelle interactivité qu’offre le life streaming est clairement un terrain de communication encore sous exploité par les marques. Pourtant il permettrait de diffuser un message permanent (les sorties de nouveaux produits par exemple) et de construire une image globale cohérente en phase avec les projets de l’entreprise, comme nous le montre Ford.
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