Le contexte utilisateur : la clef des futures stratégies

11 décembre 2008

L’approche par cycle de vie du consommateur commence à s’essouffler au profit d’une vision où le quotidien de l’utilisateur est rythmé par différents contextes. On passe grosso modo du cycle de vie, au cycle DES vies, avec pour principal variable de ces vies, le contexte utilisateur. Pour illustrer ce changement, on passe de ça :

à ça :

Les répercussions en terme de marketing sont fortes. L’approche par cycle de vie postule qu’un consommateur n’a qu’une seule vie, rythmée par quelques changements majeurs (accès à la propriété, mariage, retraite…) et un quotidien stable et répétitif : une vision étriquée qui ne rend compte que très partiellement de la réalité. En effet, la notion d’individu est obsolète. Le consommateur est désormais créateur de contextes multiples (sphère du travail, de la famille, des amis, phase de déplacement, de shopping, de sorties…) qui se succèdent au sein d’une même journée et s’entremêlent pour tisser une toile d’expériences riches et complexes. Les utilisateurs génèrent des contenus qui sont interprétés en terme de contexte.

L’éphémère ( ?) havasmedialab, transcende ainsi la notion de User Generated Content en User Generated Context où l’utilisateur est créateur de nombreux contextes qui sont autant d’ opportunités à saisir par les marques. Des situations quotidiennes qu’il faut décrypter et analyser pour les intégrer avec cohérence, en restant fidèle à l’environnement initial de l’utilisateur. Dans cette logique les marques les plus performantes sont celles qui investissent des territoires nouveaux qui ne sont pas a priori dans leur offre initiale. Trendmark parle de context switching en prenant pour exemple Apple qui infiltre les créneaux de la musique et du téléphone mobile, qui sont effectivement des contextes évident quand on s’adresse à des utilisateurs d’ordinateurs.

Si le contexte utilisateur devient le nouveau paradigme du marketing, c’est notamment grâce à la croissance de l’usage des services mobiles qui rend intelligible et réaliste le contexte utilisateur pour les marques. Le mobile devient une loupe qui examine le contexte de l’utilisateur, le traduit en signes interprétables et permet d’infiltrer le contexte de l’utilisateur en lui apportant une valeur ajoutée.

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Ce qui se profile dans les années à venir est une description détaillée du contexte de l’utilisateur où la tâche qu’il effectue, le lieu dans lequel il évolue, le contenu qu’il consulte habituellement, le contenu qu’il crée sont autant de paramètres à prendre en compte pour délivrer le bon message de la meilleure façon. Une tendance lourde qui confirme que les stratégies qui placent l’utilisateur au centre de toutes les préoccupations et qui travaillent en amont à la connaissance approfondie des utilisateurs sont celles qui sont les plus efficaces.


Baisse des investissements publicitaires : à quel média profite la crise ?

8 décembre 2008

Sans surprise. La crise des marchés financiers a un impact sur les investissements publicitaires. Les articles parus dans Les Echos et La Tribune de ce matin qui reprennent les chiffres annoncés par zenithoptimedia (filiale de Publicis), précisent que les prévisions qui annonçaient avant la crise une croissance de 4 % du marché mondial en 2009, sont revues à la baisse et prévoient une diminution de 0,2%.

Dans ce contexte, c’est encore internet qui tire le mieux son épingle du jeu : progression mondiale de 18% en 2009, malgré des prévisions qui flirtaient avec les 40% de croissance il y a quelques mois. Le média Web bénéficie d’une image innovante et plus fiable que les autres médias dans la mesure du retour sur investissement. Les publicités de recherche (liens sponsorisés…) qui permettent d’entrer en cohérence avec le contexte de recherche de l’internaute, et les publicités d’affichages (bannières, mini-site…)qui renforcent l’expérience et l’image de marque font d’Internet un média complet. Arrive ensuite la télévision qui grâce à sa puissance et son impact reste le meilleur moyen d’être présent dans l’esprit du consommateur. L’affichage est également bien placé dans cette situation de récession. Il bénéficie des turbulences du secteur audiovisuel en France qui le place encore plus en situation de média de masse, et de la diversification de son offre portée par ses proposition innovantes (média ville, affichage interactif…) qui concordent avec les attentes des annonceurs. La presse et la radio devraient par contre subir plus sévèrement la crise financière et la chute des investissements.


Services et usages mobiles : entre rupture et continuité

3 décembre 2008

On le constate depuis plusieurs mois déjà, l’internet mobile et ses services associés sont dans une phase de développement considérable. Cette vague de fond est portée par l’augmentation des ventes de smart phones – avec en tête l’engouement pour le Iphone – qui facilitent le surf mobile et l’optimisation progressive des réseaux mobiles qui dessinent un futur proche plein d’opportunités pour les entreprises qui prennent conscience du potentiel de la technologie. Bref, le web mobile atteint la masse critique un volume suffisamment conséquent, qui met tous les acteurs (entreprises, agences, consommateurs) face à un potentiel d’usages phénoménal. Du service le plus évident au plus improbable, de la stratégie la plus simple à la plus sophistiquée, les usages mobiles naviguent entre mouvements de continuité et/ou de rupture.

Mobile Payment : après les achats de sonneries et musiques par téléphone, et les services du type Movo qui permet d’envoyer de l’argent grâce à son téléphone portable, le prochain stade transformera le téléphone en porte monnaie électronique, simple, pratique et surtout rapide. Un service en rupture avec l’existant, où l’offre, pour le moment pauvre, jouera un vecteur de levier sur les usages. Des expérimentations grandeur nature sont en cours à Caen et à Strasbourg dans des magasins comme Leroy Merlin et Décathlon, qui affichent des taux de satisfactions de 90% pour les utilisateurs et les commerçants. Une véritable rupture dans les comportements, où le téléphone devient un support monétaire quotidien.

Mobile Shopper : le téléphone remplace le vendeur, en proposant aux clients dans le magasin, des promotions, des détails sur les produits, des avis, l’envoi de wish list, à l’aide d’une application spécifique à la boutique que l’on visite. Le mobile shopper ou mobile in store est encore peu exploité malgré des initiatives innovantes (Ikea). Il y a là un véritable potentiel d’optimisation du marketing sur le lieu de vente, qui permet finalement de s’adapter aux comportements de shopping en fonction des profils (les comparateurs qui recherchent les notes et les avis, les chasseurs pragmatiques et efficaces, les enthousiastes qui utilisent le maximun de fonctionnalités, les adolescents qui demandent l’autorisation à leurs parents…) comme le suggère ce compte rendu de conférence sur le commerce mobile.

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Le mobile qui met l’accent sur le contexte : outre les usages de continuité qui répliquent les services du web fixe sur le web mobile, comme le propose Yahoo!, se profilent d’autres applications plus innovantes. Des universités américaines étudient la possibilité d’ajouter aux réponses des requêtes, un degré d’intelligence humaine en se basant sur les informations relayées par les utilisateurs présents sur un lieu. Globalement l’idée est de pouvoir tagguer un lieu comme on taggue un article, de coller des post it sur son chemin. à destination d’un autre utilisateur.

La réalité augmentée : une rupture totale qui vise à augmenter la réalité d’une couche d’informations supplémentaires. Par exemple sur cette vidéo, le iphone devient une loupe intelligente qui nous assiste pour nous expliquer l’environnement qui nous entoure… un peu comme une béquille technologique juste pour être un soupçon critique.

C’est un peu superficiel et on en est encore au stade de l’expérimental, mais il faut bien reconnaitre que c’est très impressionnant.

Sur le même sujet :

- Le réel devient interactif

- Le marketing in situ
- Mobile et mesure d’audience

- Code 2D: la guerre des formats, frein à la démocratisation des usages

- La convergence des médias: le qr code générateur de trafic qualifié

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