Une video qui illustre une vision enchantée de la technologie, par le groupe de design Multitouch de Barcelone. Il s’agit d’une conception magique de la technologie, qui vise à humaniser un processus qui nous échappe, qui nous dépasse en terme de performance au point d’imaginer un homme réalisant les tâches dévolues à l’ordinateur.
Deux sentiments paradoxaux émergent à la vue d’une telle expérience. C’est rassurant de rendre humain des processus difficilement imaginables par le cerveau (un processeur, des impulsions électrique, des 1 et des 0…) Mais c’est également effrayant d’imaginer que ce que l’ordinateur fait, l’homme ne peut pas le faire aussi bien. Nous sommes prisonniers de la technique.
Cette vidéo aux accents esthétiques très doux, n’est pas sans rappeler les expérimentations choquantes de l’artiste australien Stelarc qui depuis plus de 30 ans, exprime dans ces performances une certaine soumission de l’homme face à la technologie. Dans ce monde où nous sommes tous contraints de s’adapter à la vitesse du progrès technologique, notre survie dépend de notre capacité à se fondre dans la technologie. En effet, cette vidéo fait aussi penser à un post humain qui aurait échoué dans sa fusion avec les machines.
Une image forte à l’heure où la convergence bio, nano et micro technologie progresse rapidement.
Juillet 2008. JWT invite quelques consultants de renoms pour débattre de l’avenir du planning stratégique à l’occasion des 40 ans de la méthode (créée par jwt). Une conférence largement commentée sur les blogs anglo saxon qui a fait des petites vagues notamment parce qu’on pouvait y entendre ce genre de phrases :
« planning is not about looking cool and hanging out with the creatives »
« planning is not about creativity, it’s about grounded creativity »
Les gourous du planning ont décidé de remettre la fonction dans le droit chemin, et de la faire coller au plus près des enjeux des annonceurs. Quelques interventions de ce meeting sont assez marquantes à ce sujet. Notamment, celle de Jon Steel (vidéo et texte) qui brocarde gentiment les planneurs en regrettant qu’ils passent plus de temps à surfer et bloguer qu’à servir les réels intérêts de leurs clients (ce qui n’est pas sans rappeler une certaine vision floue du job ).
Pour faire court, Jon Steel resitue le travail du planner en insistant sur 3 points (traduit et inspiré de ce billet) :
Aider les clients à fixer les bons objectifs et pas seulement en terme de communication mais pour la marque et les produits et plus globalement le business
Trouver les bons problèmes à résoudre au lieu de répondre simplement à ce que demande le client
Trouver de nouvelles opportunités à exploiter pour les clients et faire croitre leurs affaires
Ce qu’on retient c’est que les planneurs doivent encore plus lorgner du côté de l’innovation et plus précisément sur l’anticipation des usages et se détacher du champ restreint de la communication pure. Soit on stagne et on recycle de la valeur déjà usée, soit on génère de nouvelles façons d’appréhender les choses, et donc de nouvelles opportunités de business. Stagnation vs generativity, c’est le point soulevé par John Grant lors cette même conférence. (vidéo et texte).
Si le métier conserve ses constantes, la conférence rappelle une vision ambitieuse du planning qui doit avant tout ouvrir des portes vers des voies inconnues. Bon, vous allez sans doute vous dire « Encore un de ces billets où l’on parle plus de ce que devrait être le planning sans en faire pour autant ». Mais comme le dit Jon Steel
« The fundamentals of planning, (…) may sometimes not be very interesting. But we ignore them at our peril. »
Vous connaissez cette technique à mi chemin entre bricolage et dessin animé assez simple à mettre en œuvre si on est patient ?
Outre l’esthétique magique, décalée et un peu rétro à l’heure du tout fluide dans les films d’animation, le stop motion véhicule des valeurs fortes. Ré enchantement du monde, univers de l’enfance, créativité, valorisation du travail minutieux, apologie de l’essai erreur, de la passion, empathie avec les créateurs persévérants… Le stop motion cumule les tendances artistiques et sociales en phase avec l’air du temps. A contre sens du progrès technologique en matière d’animation, à l’opposé de l’industrialisation des activités humaines, l’animation en volume est un ilôt de bidouillage dans un océan de production automatisée, un grain de sable dans un mécanique bien huilée, plus proche du DIY que de la production de masse. Des valeurs rafraichissantes et fédératrices pour des entreprises mastodontes sans scrupules qui ne font pas dans le détail. Pas étonnant que les agences et les annonceurs s’en emparent.
Electrabel (fusion GDF Suez)
Carphone Warehouse
Google chrome
Quoiqu’il en soit, la créativité sera toujours du côté des foules comme le montre ce film qui a probablement inspiré la production Electrabel ci dessus.
Et pour finir ce film génial par le grapheur italien Blu.
Si il y a bien un secteur dans lequel les apports du crowdsourcing sont évidents, c’est celui de l’agro alimentaire. Les exemples se multiplient autour de la planète. Notamment au Japon où la participation des consommateurs dans la création de nouvelles recettes, de packagings et de publicités semble être la dernière tendance. C’est ce que rapporte psfk. Dans le secteur des soft drink la marque Calpis demande l’avis de ses consommateurs pour créer des saveurs nouvelles pour ses boissons fruitées, mais également des slogans. Toujours au Japon, la marque Acecook ciblent les geeks scotchés devant leurs écrans et donc gros consommateurs de instant noodles soup, pour créer leurs prochaines recettes. Le concours qui s’est terminé fin novembre 2008, a donné lieu à une campagne événementielle à Osaka pour célébrer la sortie de 4 nouvelles recettes avec les membres de la communauté. Cette tendance n’est pas nouvelle. En 2000 au États Unis, la petite marque Jones Soda, offre à ses clients la possibilité de proposer des nouvelles idées de saveurs et de packaging pour ses boissons, histoire de créer une proximité entre les clients et la marque. Près de 700 000 propositions plus tard, Jones Soda devient une référence dont l’image de marque repose sur la participation des clients dans la création des produits.
Quelques exemples qui montrent que les stratégies de crowdsourcing vont se multiplier dans les mois à venir. Et ça ne concerne pas uniquement de nouvelles saveurs ou de nouveaux produits mais également l’image du produit inventé. Ces pratiques sont effectivement un excellent moyen pour les marques de laisser les consommateurs créer un univers pour leurs produits, et de s’en inspirer en étudiant attentivement le contexte généré par les utilisateurs.
Depuis quelques mois, on parle beaucoup (trop) de crowdsourcing et de ses dérives. A juste titre. Le problème c’est qu’on mélange un peu tout. S’installe alors un sentiment vague, où tout ce qui touche de près ou de loin à la participation en ligne s’apparente à du crowdsourcing. Entre les business modèles pervers (?), et les plateformes de recueil d’idées pour améliorer le quotidien des utilisateurs, une quantité d’initiatives plus ou moins efficaces et aux objectifs plus ou moins clairs voient le jour avec leurs lots de critiques plus ou moins fondées.
Pourtant, il n’y a rien de neuf : je me rappelle il y a longtemps des boites à idées dans les supermarchés et, il y a moins longtemps, des focus groups que j’ai animés. C’est seulement les nouveaux moyens d’expression des consommateurs qui ont largement répandu ce type de pratiques.
Ce qui est certain, c’est que la tendance actuelle s’éloigne des visions positives, pro-am, innovation ascendante, democratizing innovation, qui ont amorcées la tendance du crowdsourcing. Ce qui est également certain c’est que le crowdsourcing comporte des risques (paragraphe « les risques du crowdsourcing »). Et, ce qui est finalement certain, c’est que ces signes paradoxaux montrent que ce sujet chaud, n’en ai qu’à ces débuts et que que la co-élaboration d’un produit, d’un service, d’une idée et/ou d’une œuvre d’art est un mouvement de fond qui impliquera la majorité des activités de création dans les prochaines années.
L’optimisme qui caractérise les acteurs du web, pourvoyeurs de médias sociaux et autres marketers du web 2 et des nouveaux médias de la conversation serait il en train décroitre ? Si le positivisme est encore de mise parmi les professionnels du secteur , on s’attend à une (voire deux) année(s) difficile(s). Qu’en est-il d’un business dont le moteur repose essentiellement sur la passion, la confiance et l’optimisme, qui promet depuis 4 ans l’avènement d’un monde nouveau, où le pouvoir est revient aux consommateurs, mais qui peine à émerger ?
Je m’explique. Cet excellent article détaille la différence de sens entre innovation et transformation. Par exemple on compare régulièrement l’impact des nouveaux médias par rapport aux médias dit traditionnels. Or la transformation est beaucoup plus radicale, puisque elle concerne la création de quelque chose qui n’est pas. Nous sommes effectivement dans une période qui nécessite plus une transformation du système plus qu’une innovation sur un système déjà existant. Utopique ? Nouvelle lubie des gourous ? Probablement. Pourtant, c’est une attitude salutaire à adopter pour enrayer l’innovation pour l’innovation, celle qui est censé prédire ce qui est imprévisible, bref, pour en finir avec l’attitude qui consiste à innover pour remplacer une innovation. En tout cas, une pensée à décrypter et à suivre pour les années à venir.
J’oubliais : très bonne année à vous.
L’approche par cycle de vie du consommateur commence à s’essouffler au profit d’une vision où le quotidien de l’utilisateur est rythmé par différents contextes. On passe grosso modo du cycle de vie, au cycle DES vies, avec pour principal variable de ces vies, le contexte utilisateur. Pour illustrer ce changement, on passe de ça :
à ça :
Les répercussions en terme de marketing sont fortes. L’approche par cycle de vie postule qu’un consommateur n’a qu’une seule vie, rythmée par quelques changements majeurs (accès à la propriété, mariage, retraite…) et un quotidien stable et répétitif : une vision étriquée qui ne rend compte que très partiellement de la réalité. En effet, la notion d’individu est obsolète. Le consommateur est désormais créateur de contextes multiples (sphère du travail, de la famille, des amis, phase de déplacement, de shopping, de sorties…) qui se succèdent au sein d’une même journée et s’entremêlent pour tisser une toile d’expériences riches et complexes. Les utilisateurs génèrent des contenus qui sont interprétés en terme de contexte.
L’éphémère ( ?) havasmedialab, transcende ainsi la notion de User Generated Content en User Generated Context où l’utilisateur est créateur de nombreux contextes qui sont autant d’ opportunités à saisir par les marques. Des situations quotidiennes qu’il faut décrypter et analyser pour les intégrer avec cohérence, en restant fidèle à l’environnement initial de l’utilisateur. Dans cette logique les marques les plus performantes sont celles qui investissent des territoires nouveaux qui ne sont pas a priori dans leur offre initiale. Trendmark parle de context switching en prenant pour exemple Apple qui infiltre les créneaux de la musique et du téléphone mobile, qui sont effectivement des contextes évident quand on s’adresse à des utilisateurs d’ordinateurs.
Si le contexte utilisateur devient le nouveau paradigme du marketing, c’est notamment grâce à la croissance de l’usage des services mobiles qui rend intelligible et réaliste le contexte utilisateur pour les marques. Le mobile devient une loupe qui examine le contexte de l’utilisateur, le traduit en signes interprétables et permet d’infiltrer le contexte de l’utilisateur en lui apportant une valeur ajoutée.
Ce qui se profile dans les années à venir est une description détaillée du contexte de l’utilisateur où la tâche qu’il effectue, le lieu dans lequel il évolue, le contenu qu’il consulte habituellement, le contenu qu’il crée sont autant de paramètres à prendre en compte pour délivrer le bon message de la meilleure façon. Une tendance lourde qui confirme que les stratégies qui placent l’utilisateur au centre de toutes les préoccupations et qui travaillent en amont à la connaissance approfondie des utilisateurs sont celles qui sont les plus efficaces.